LE CIRCUIT DES EMOTIONS

A l’adolescence, nos émotions nous apparaissent de façon brutale. C’est à cette période que nous créons les connexions neuronales au coeur de notre cerveau.

Des études très récentes menées par L’INSERM ( Institut national de la santé et de la recherche médicale) et le centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moëlle épinière, tendent à montrer que notre cerveau continue d’évoluer jusqu’à l’âge de 20-24 ans. Si on interroge aujourd’hui la population, environ 15% de celle-ci avoue souffrir quant à la gestion de ses émotions et gère difficilement son introspection émotionnelle.

Ces difficultés viendraient en fait de cette période adolescente et post-adolescente où nous avons créé des connexions émotionnelles « déstabilisantes ». Les chercheurs des 2 instituts pré-cités ont mis en évidence, via l’observation du cerveau en fonctionnement et sous surveillance grâce aux outils de la technologie d’imagerie actuelle, que certaines émotions comme la peur par exemple, active non seulement certaines structures du cerveau, mais qu’il y a un véritable circuit qui conduit cette information de la peur entre les régions    pré-frontales de notre cerveau et les structures les plus profondes  par des voies descendantes.

Il en résulte que l’on peut affirmer que nos émotions « brutes » comme la joie, la peur, le plaisir sont présentes immédiatement en surface pendant notre évolution, de l’enfance jusqu’au passage à l’âge adulte dans cette zone pré-frontale, mais que la structure plus profonde qui permet de valider cette émotion, qui prend en compte l’aspect émotionel et qui permet d’adapter un comportement « adéquat » en réponse, n’est pas encore à maturité. Cette zone se développe à un rythme beaucoup plus lent. Les chercheurs concluent via l’observation, que le cerveau de l’adolescent n’est physiologiquement pas mature et ce,  parfois jusqu’à 24 ans. C’est la raison pour laquelle à cette période nos émotions sont « les plus fortes et violentes ». Nous passons du rire aux larmes en quelques instants, vivons des sentiments de passion très intenses etc. Nos émotions sont brutes et en pleine exposition dans notre zone pré-frontale.

Les émotions sont le véhicule qui nous permet d’accéder à 2 états profondément et intrinsèquement liés à l’évolution de notre espèce. Nous recherchons en permanence 2 choses : le plaisir et l’éloignement de la souffrance. Et pour atteindre ces 2 états, nous créons au fil du temps tout un panel d’émotions qui nous sont propres. Et, aussi paradoxale que cela puisse paraître, nous pouvons mettre en place tout un circuit parsemé d’émotion, de colère, de tristesse, de frustration etc pour nous permettre d’atteindre le plaisir et l’éloignement de la souffrance. Nous pouvons masquer notre intention derrière des émotions qui sont destructrices, nous en accomoder et au final y trouver un certain confort.

A l’âge de l’adolescence donc, nous sommes très en demande sur les émotions nous rapprochant du plaisir. Le danger que l’on observe, c’est qu’à cette période nous pouvons tester les drogues et autres artifices pour éprouver une émotion de plaisir. Nous pouvons trouver le plaisir dans la nourriture, dans la sur-consommation et les achats d’objets, dans une relation amoureuse narcissique etc. Nos émotions « brutes » manifestées en surface doivent avoir une réponse immédiate pour assouvir le plaisir. Les réponses immédiates dans nos sociétés sont de plus en plus rapidement accessibles et le soulagement instantané. Malheureusement, et c’est là la faille, c’est que ce soulagement n’est que temporaire et que bientôt il nous faut renouveler l’opération pour conforter le circuit de dépendance neuro-émotionnelle que nous avons créé. Nous construisons un cycle sans fin qui a de plus en plus de besoin pour exister et nous « conforter » dans « nos choix ». Ces circuits vont perdurer et créer notre personnalité « malgré nous ».

 

 

Durant cette période, le fait que la structure profonde analytique de notre cerveau soit en décalage avec nos émotions, empêche d’envoyer un comportement d’alerte adapté qui pourrait nous mettre en garde sur les réponses que nous apportons à nos émotions. Si je prends telle ou telle drogue, je n’ai pas encore la structure du cerveau nécessaire qui me permet de dire: « j’éprouve du plaisir à ce moment précis, mais quel est le prix à payer demain par rapport à mon geste? ».

La base de cette étude remet d’ailleurs en cause la question de l’âge de la majorité aux Etats-unis. La responsabilité que nous devons avoir de nos actes doit faire l’objet d’une proposition d’évolution législative sur le sujet : « Ai-je les ressources biologiques et physiologiques nécessaires pour être responsable des actions que je fais pour externaliser mes émotions. »

Nous avons fort heureusement, malgré tout, une fois à l’âge adulte, la possibilité de venir casser de tels schémas neuro-émotionnels mis en place pendant notre enfance et adolescence à travers de nombreux outils de réflexion et d’exercices pratiques. C’est ce que nous proposons à travers la formation PTV ( Penser pour Transformer sa Vie). 

Source INSERM.

 

 

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